Choose life. Fermez les yeux : c’est Daniel Balavoine qu’on entend. Ouvrez-les : c’est un jeune Français, amoureux de la musique du chanteur héroïque… depuis ses neuf ans.

Trente ans plus tard, on le rencontre sur scène, flanqué de ses six musiciens. Le début d’un mythe ? Il est fier d’œuvrer avec des jeunes d’aujourd’hui, engagés dans des interprétations stellaires. Fêter les 40 ans de la disparition de son idole, il se l’était juré.

Sa voix est saisissante. Par la force de nos destinées, le répertoire est évidemment bien trop court. Mais le voici à nouveau, sous forme cristallisée, pour devenir une nouvelle légende.

Cette voix mystérieuse fait renaître toute l’émotion que l’on portait au jeune disparu. Les spectateurs retrouvent leur énergie d’il y a quarante ans tout juste, et les plus jeunes se joignent avec délices à l’aventure. Oui, Daniel Balavoine renaît dans le souvenir… et sur scène.

L’auguste Jean d’O avait raison : « Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. » Et les vibrations musicales font le reste. Celles de huit albums aux textes visionnaires.

Le Chanteur a débarqué sur le plateau du Centre culturel d’Uccle le 10 septembre 2026, quarante ans après la mort tragique du musicien-poète.

Celui qui incarne avec tant de force le répertoire de Daniel Balavoine sur scène s’appelle Charles.

Tu parles? Charles?

Et tu chantes avec des accents de vérité, avec des harmonies qui donnent le frisson. Tu transmets. Tu partages d’ailleurs la scène avec un autre musicien portant le même prénom, puisque le bassiste du groupe s’appelle également Charles.

Toute l’équipe : Léo et Maxime, jumeaux de 21 ans aux guitares, Liou à la batterie, Bastien au synthé… travaille en formidable symbiose pour porter cet émouvant projet vocal et musical avec une belle exigence et une tendre connivence artistique.

Un hommage élégant, respectueux de la mémoire de l’artiste.

Mais… pas que, glisserons-nous, en empruntant le jargon simplifié de notre époque.

Les chansons alternent avec une sorte d’interview avec l’au-delà. Une autre voix, une autre présence qui se raconte et évoque ses multiples engagements. Ses intentions qui sont aussi les nôtres. Le jeune Daniel, 33 ans, saisi par la Faucheuse à la fleur de l’âge alors qu’il survolait les pistes du désert, est parmi nous.

Quoi de plus émouvant ? Un biopic « close to life », en quelque sorte, que certains écouteront avec recueillement, tandis que d’autres auront simplement envie de chanter.

Et ils chanteront, et danseront, places assises ou non. De l’harmonie qui fait du bruit.

D’autres rendez-vous avec ce groupe enthousiaste suivront pour égrener un chapelet de chansons qui font battre le cœur.

Celle qui couronne le concert ? Le Chanteur, bien sûr.

Je ne suis pas un héros

Tous les cris, les SOS…

Mon fils, ma bataille

L’Aziza

AIMER EST PLUS FORT QUE D’ÊTRE AIMÉ

Mais par-dessus tout ? S a u v e r  l’ a m o u r

Ceci n’était qu’un début. Il y aura dans un proche avenir : l’Aula Magna, La Sucrerie, Paris… Et avant Bruxelles, il y a eu Calais ! Un triomphe !

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres