Festival Mozart 12-19 septembre 2026
À Argenteuil, en guise de clôture du Festival Mozart, les organisateurs nous ont servi un pot-pourri de musiques enivrantes.
Mozart, first and for all !
Le Trio K. 564, tout dernier trio avec piano de Mozart, ouvre la soirée dans une lumière intime, élégante et d’une fraîcheur presque juvénile. Nicolas Dupont au violon, Justus Grimm au violoncelle et Bertrand Giraud au piano font entendre des dialogues subtils, partagent les sourires, les respirations. Mozart y semble à la fois proche et insaisissable : la musique coule, légère et sérieuse, jamais anodine.
Puis Haydn prend le relais avec le Trio Hob. XV:17. Changement de parfums, changement de textures : la flûte de Vincent Lucas et le basson de Mavroudes Troullos se mêlent au clavier du pétillant Muhiddin Dürrüoğlu dans une palette sonore particulièrement chaleureuse. Les timbres se répondent, se colorent, se taquinent presque. La musique de chambre porte décidément bien son nom : on y entre comme dans une pièce où plusieurs amis auraient déjà commencé à converser.
Et voici Donizetti, puis Ibert. Encore d’autres parfums à humer et à apprécier !
Alissa Margulis au violon et Delphine Benhamou à la harpe se distinguent dans le Larghetto et Allegro de Donizetti, avant de nous offrir l’Entracte d’Ibert. Un sérieux clin d’œil ! Le violon chante, la harpe scintille, et voilà que le programme change encore de lumière. Deux œuvres, deux univers, deux belles découvertes.
Car c’est cela, le charme de ce festival capiteux : faire circuler les émotions d’une œuvre à l’autre, sans jamais enfermer la musique dans une seule époque ni une seule couleur. Coucou ! Y es-tu ? On voyage. On savoure.
Merci donc au Festival Mozart et à son âme créatrice, Daniel Rubenstein — triple artiste, violoniste, altiste et pianiste — qui célèbre cette année les trente ans d’existence de cette aventure débutée en 1996.
Pour cette édition anniversaire majeure, Daniel Rubenstein a réuni pas moins de 26 musiciens en résidence autour de neuf concerts d’envergure, partagés entre Waterloo et Bruxelles. Une programmation où la création contemporaine joue à cache-cache avec les immenses chefs-d’œuvre du répertoire classique. Le passé, sorti de sa vitrine, dialogue avec le présent.
Preuve en est avec La Toccata éolienne de Jean-Pierre Deleuze, pièce contemporaine pour alto et piano, interprétée par Roland Glassl à l’alto et soutenue avec brio par le chaleureux Muhiddin Dürrüoğlu au piano.
De découvertes en découvertes, on éprouve ce petit bonheur particulier : celui de se laisser surprendre par une musique dont on ne savait pas encore qu’on allait l’aimer.
Et puis… And then, comes The Grand Finale.
Un piano, un quatuor à cordes, et Robert Schumann. Le Quintette avec piano en mi bémol majeur, op. 44 : une œuvre flamboyante, généreuse, débordante d’élan, où les cinq instruments semblent se poursuivre, se répondre, s’exalter jusqu’à l’ivresse.
Avec un tel final, le titre de l’affiche ne pouvait être plus juste : A-po-thé-ose ! annonçaient-ils !
Une soirée comme un feu d’artifice musical. Tous dans le même pot ! De Mozart à Schumann, en passant par Haydn, Donizetti, Ibert et Jean-Pierre Deleuze, les parfums changent, les époques se croisent, les timbres se répondent. Et le bonheur vibre dans l’assemblée.
La musique : souveraine.
Merci, le Festival Mozart. Nous reviendrons pour la prochaine récolte de merveilles !
Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

…Et tous les autres! https://www.festivalmozart.org/